11/09/2026
Journées du patrimoine 2026 à Bordeaux
Les 19 et 20 septembre 2026, Bordeaux ouvre plus de 150 lieux, dont six hôtels particuliers rarement ouverts, de la résidence du préfet à un manoir privé. BARNES Bordeaux en a retenu les adresses, les horaires et les créneaux libres.

Les Journées européennes du patrimoine 2026 à Bordeaux se tiennent le samedi 19 et le dimanche 20 septembre, et la Ville y recense plus de 150 rendez-vous pour cette 43e édition. Le ministère de la Culture a retenu le thème « Patrimoine en péril, raviver, résister, réimaginer », partagé par une cinquantaine de pays européens. La photographie a droit cette année à son propre thème, deux cents ans après son invention. À Bordeaux, l'événement s'appelle depuis 2021 « Journées du patrimoine et du matrimoine », afin d'inclure l'héritage laissé par les femmes.
Le thème s'applique ici très concrètement. Lors de son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007, Bordeaux comptait 347 édifices protégés au titre des monuments historiques, plus que toute autre ville française hors Paris. Un tel ensemble ne tient debout qu'à force de chantiers. Le programme 2026 vous ouvre des demeures occupées par la préfecture, le rectorat ou une cour d'appel, des lieux associatifs rendus à la ville, et le sommet d'une flèche restée cinq ans sous les échafaudages.
Les hôtels particuliers de Bordeaux qui ouvrent le temps d'un week-end
L'hôtel de Nesmond, au 17 bis rue Vital-Carles, vous accueille librement le samedi 19 septembre, de 10h à 12h puis de 14h à 18h, sans réservation. Édifié au XVIIe siècle, il a logé les gouverneurs de Guyenne avant la Révolution, puis l'archevêque de Bordeaux sous Napoléon III, avant de devenir la résidence des préfets de la Gironde en 1907. Le gouvernement français y a siégé à deux reprises, en 1914 et en 1940, et plusieurs présidents de la République y ont séjourné, de Raymond Poincaré au général de Gaulle.
Le rectorat vous ouvre lui aussi ses portes, samedi à 10h, dans l'hôtel de Poissac, cours d'Albret, un lieu habituellement fermé au public. Bâti en 1775 par l'architecte Nicolas Papon pour le baron de Poissac, il est protégé au titre des monuments historiques depuis 1930. Son portail sur rue vient d'un autre hôtel du XVIIe siècle, transporté et remonté ici en 1903. La visite, conduite par un guide bénévole, se prolonge jusqu'au bureau du recteur.
Rue du Mirail, l'hôtel Leberthon abrite le Crédit municipal de Bordeaux depuis 1801 et ouvre samedi de 10h à 17h30. Une exposition retrace l'histoire du mont-de-piété, l'ancêtre du prêt sur gages, et vous pouvez y faire expertiser gratuitement bijoux, tableaux et vins, sans rendez-vous. Reconstruit entre 1742 et 1747 par André Portier pour le premier président du Parlement de Bordeaux, après un incendie, l'hôtel a reçu une contribution personnelle de Louis XV.
Dimanche à 10h, la Cour administrative d'appel vous ouvre l'hôtel de Nairac, 17 cours de Verdun. Paul Nairac, négociant enrichi par le commerce et la traite des esclaves, l'a commandé en 1770 à Victor Louis, l'architecte du Grand Théâtre. Conçu entre cour et jardin derrière une façade sobre, il vous réserve la surprise de son escalier d'honneur pensé pour impressionner. L'inscription passe par l'association Pétronille, qui ouvre cinq départs ce dimanche entre 10h et 16h30. La juridiction occupe les lieux, entièrement restaurés, depuis 1999.
La même association vous guide le samedi dans l'hôtel de la Marine, 9 place de Tourny, sur six visites d'une heure réparties entre 9h30 et 16h. Richard-François Bonfin l'a bâti à partir de 1758 pour une école religieuse, mais le bâtiment à peine achevé fut cédé à la Marine royale par une Ville désireuse d'éponger ses dettes. La façade, qui épouse la courbe de la place, n'a pas bougé. Le salon Choiseul, avec ses lambris et ses médaillons du XVIIIe siècle constitue le clou de la visite, pendant que les extérieurs sont en cours de rénovation.
Une demeure privée complète ce parcours institutionnel. L'hôtel Exshaw, 8 rue Théodore-Gardère, un manoir néo-victorien aux fenêtres en saillie, témoigne de l'anglomanie qui gagna les grandes familles de négociants bordelais à la fin du XIXe siècle. Il vous reçoit dimanche à 9h30, 10h45 et 12h, et vous réservez auprès du musée d'Aquitaine, dont l'agenda a ouvert le 1er septembre. Ces six demeures ne se visitent que ces deux jours-là, et leurs jauges restent réduites, ce qui fait tout le prix du week-end.
Les autres lieux bordelais à pousser ce week-end
La flèche Saint-Michel, haute de 114 mètres, est le rendez-vous le plus spectaculaire du week-end. Fermée au public depuis novembre 2021, elle a rouvert le 13 juin 2026 au terme de la troisième et dernière tranche d'un chantier entamé en 2017. Ses 230 marches vous mènent à une terrasse située à 47 mètres de hauteur, d'où le regard embrasse la Garonne et les toits du quartier.
La restauration a coûté 11,3 millions d'euros, financés par l'État, la Ville de Bordeaux et la Région Nouvelle-Aquitaine, sous la conduite de Michel Goutal, architecte en chef des monuments historiques. À l'autre bout du centre, le Palais Gallien, dernier vestige romain de la ville, classé dès 1840, attend au contraire son chantier. Au printemps 2026, la Ville a suspendu les visites de l'amphithéâtre dans l'attente d'une consolidation de ses murs, et le festival de musique prévu en juillet dans les ruines a été annulé. Ce week-end ne fait pas exception, aucune visite n'y figure au programme, et l'enceinte se contemple depuis la rue.
La piscine judaïque Jean Boiteux, 164 rue Judaïque, montre ce que donne une restauration menée à son terme. Dessinée par Louis Madeline et inaugurée en 1934, elle est inscrite aux monuments historiques depuis 1996. Elle a rouvert le 31 août 2026 après plus de trois ans de travaux, pour un coût de quinze millions d'euros selon la Ville de Bordeaux. Sa visite ne figure pas au programme du week-end, la Ville l'ayant inscrite à son cycle patrimoine de l'automne, avec des créneaux le 5 octobre et le 9 novembre, sur réservation et par petits groupes.
Deux maisons rendues à la ville par une restauration privée ou associative complètent ce parcours. À Caudéran, la Maison Hôtentique, 83 boulevard du Président-Wilson, vous ouvre samedi ses salons et ses vitraux des ateliers Chauffrey. Rue Paul-Louis-Lande, l'hôtel Victoria, bâti entre 1787 et 1791 pour un négociant de la communauté juive portugaise, loge des jeunes travailleurs depuis sa réhabilitation en 2019, et se visite dimanche à partir de 10h.
Toujours à Caudéran, les Glacières de la banlieue, 121 avenue Alsace-Lorraine, ont stocké des pains de glace dès 1909 dans un hangar de 500 m² que rien ne signale depuis la rue. Fermées en 1989, elles abritent l'association Groupe des Cinq, qui fête ses quarante ans avec l'exposition « Habiter l'archive », et vous y entrez librement du 18 au 20 septembre. Non loin, l'église Saint-Amand vous propose la montée au clocher restauré, dont la flèche a été consolidée lors d'un chantier de près d'un million d'euros achevé en 2022.
Deux lieux prennent le thème de l'année au mot. Le musée du Vin et du Négoce, 41 rue Borie, consacre son exposition à l'arrachage du vignoble bordelais et à la baisse de la consommation de vin. Le Marché des Douves, 4 bis rue des Douves, s'intéresse de son côté à ce qui menace l'esprit contestataire de Saint-Michel et des Capucins, deux quartiers populaires voisins. Il y consacre une exposition de mémoires vivantes, des ateliers du goût et une table ronde publique le samedi à 17h30.
Le collectif Tout Art Faire propose pour sa part une visite en relais sur le patrimoine en péril, au départ du parvis des Droits-de-l'Homme. Les départs ont lieu samedi de 14h à 16h, toutes les demi-heures, livret-jeu en main. Le thème déborde même la pierre, puisque la Fondation du patrimoine a lancé fin juillet 2026 une collecte pour les forêts de Gironde et des Landes touchées par les incendies de l'été. À Bordeaux, le péril se lit donc autant dans les murs que dans les vignes et les paysages.
Le matrimoine a ses propres rendez-vous. La visite « Bordeaux Matrimoine » part de la place de Tourny dimanche à 14h30, et le concert « Les voix du Matrimoine » résonne dans la cour Mably. Le Muséum propose une visite « Femmes de sciences », tandis que le musée d'Aquitaine suit dimanche à 15h les pas de Manon Cormier, avocate, pionnière et résistante. Le samedi concentre le plus grand nombre d'ouvertures, le dimanche les visites guidées sur inscription, ce qui vous permet de composer deux journées bien différentes.
Préparer son week-end des Journées du patrimoine 2026 à Bordeaux
Le programme mêle accès libres et visites sur inscription, et la plupart des réservations ont ouvert fin août ou le 1er septembre. Vous entrez sans formalité dans plusieurs lieux, dans la limite de leur capacité d'accueil :
- l'hôtel de Nesmond, 17 bis rue Vital-Carles, en visite libre le samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h ;
- l'hôtel Leberthon, 29 rue du Mirail, le samedi de 10h à 17h30 ;
- l'ancien couvent de l'Annonciade, siège de la direction régionale des affaires culturelles, 54 rue Magendie, le samedi à partir de 14h, par groupes de quinze ;
- le Palais Rohan, place Pey-Berland, ancien archevêché devenu hôtel de ville en 1837, samedi et dimanche, sans réservation mais avec file d'attente ;
- les Glacières de la banlieue, 121 avenue Alsace-Lorraine, du vendredi au dimanche.
Les deux demeures guidées par l'association Pétronille se réservent sur son agenda, et l'hôtel Exshaw sur l'agenda du musée d'Aquitaine. Mieux vaut s'y prendre tôt, car les six créneaux de l'hôtel de la Marine affichaient complet dès la première semaine de septembre, alors que ceux de l'hôtel de Nairac se remplissaient plus lentement. Vous consultez le programme complet, enrichi jusqu'aux derniers jours, sur l'agenda de la Ville de Bordeaux et sur le site officiel des Journées européennes du patrimoine. Sa version papier est disponible à l'Office de tourisme depuis le premier week-end de septembre.
Quand un monument change de mains, et ce que cela coûte d'en habiter un
Les portes se referment le dimanche soir, mais deux dossiers bordelais rappellent qu'un monument survit rarement sans quelqu'un pour le reprendre. Cours d'Albret, face au musée des Beaux-Arts, l'hôtel de Basquiat, hôtel particulier du XVIIIe siècle classé en 1959, s'est vidé quand le rectorat, qui occupe toujours l'hôtel de Poissac, en est parti en 2024. La Ville de Bordeaux l'a cédé à la société LFPI REIM pour 5,45 millions d'euros, par délibération du 3 février 2026. Le projet mêle aile culturelle, restaurant et bureaux, et rouvrira la cour au public après la signature attendue d'ici mars 2027.
À Salles, dans le Val de l'Eyre, le château élevé entre 1657 et 1659 par la famille de Pontac, une lignée de magistrats bordelais, menaçait ruine quand la commune l'a racheté en 2022. Trois chantiers bénévoles ont évacué plus de quarante tonnes de gravats et de déchets. La Mission Patrimoine l'a retenu le 31 août 2026 parmi ses cent sites départementaux, pour un chantier estimé à un million d'euros qui commencera par les toitures en 2027. Il ne bénéficie d'aucune protection officielle, ce qui rappelle que le péril n'attend pas le classement.
Ces deux dossiers posent une question que le week-end laisse ouverte, celle de savoir qui entretient tout cela. En 2019, le ministère de la Culture recensait 44 421 immeubles protégés au titre des monuments historiques en France, dont 37 % sont entre des mains privées. Les demeures que vous visiterez ce week-end le montrent à leur manière. Un bâtiment traverse les siècles quand quelqu'un l'occupe, le chauffe et le répare, qu'il s'agisse d'une préfecture, d'une association de logement ou d'une famille. Pour un particulier, ce rôle de gardien se paie en contraintes très concrètes. Le classement, qui vise les édifices les plus remarquables, impose le régime le plus strict, où la moindre intervention suppose en principe une autorisation préalable et le contrôle des services de l'État. L'inscription, un cran en dessous, demande une déclaration assortie de l'avis de l'architecte des bâtiments de France. S'y ajoutent le périmètre des abords, qui étend ces règles aux constructions voisines, et des délais d'instruction qui allongent le calendrier d'un chantier bien plus souvent qu'ils ne le raccourcissent.
Vous retrouverez le cadre fiscal et les devoirs du propriétaire d'un bien classé ou inscrit dans notre article consacré à l'achat d'un monument historique à Bordeaux et en Gironde. Le chemin qui va de la ruine au luxe est décrit dans notre guide pour acheter une maison ou un château à restaurer en Gironde.
Le week-end vous dessine aussi la carte des quartiers où ce bâti ancien se concentre. La flèche et l'hôtel Leberthon se dressent dans le quartier Saint-Michel, la basilique Saint-Seurin et sa nécropole marquent le quartier qui porte son nom, et Caudéran aligne maison de famille, église et glacières à deux pas des boulevards. Les monuments ouverts toute l'année, du Grand Théâtre à la Grosse Cloche, figurent dans notre top 10 des monuments de Bordeaux. L'entretien de ces murs, lui, ne connaît pas de week-end.
Ces deux journées donnent souvent envie d'aller plus loin que la visite, et de regarder ce qui se vend derrière ces façades. Ce n'est pas un hasard si les hôtels particuliers du XVIIIe siècle et les maisons de maître de Caudéran se libèrent rarement et ne restent pas longtemps sur le marché. Vous cherchez une demeure de caractère, pour une restauration, une résidence principale ou un pied-à-terre ? Nous vous invitons à consulter nos hôtels particuliers à vendre à Bordeaux, et à parcourir également nos biens à vendre à Caudéran ou l'ensemble de nos biens immobiliers en vente à Bordeaux et en Gironde pour y trouver le bien patrimonial que vous recherchez.
L'emplacement et l'état du bâti restent les premiers critères d'un achat patrimonial réussi, et les hôtels particuliers du centre ancien en donnent la mesure. La valeur d'une demeure ancienne, les contraintes qui pèsent sur elle et ses possibilités de restauration s'apprécient bien avant l'acte de vente. Pour sécuriser un projet ou faire estimer une propriété de caractère, prendre contact avec BARNES Bordeaux permet de chiffrer ces trois points avant tout engagement. Nos agences immobilières de prestige à Bordeaux et au Bouscat suivent ce type de demeures toute l'année, sur le marché ouvert comme en vente confidentielle.
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